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Image n°1 : Portrait de Charles Anneessens[1] Biographie
Né à Ninove le 1er mars 1835, Charles Anneessens est le fils aîné de Pieter-Hubertus Anneessens, facteur fondateur de la Maison, en 1832[2]. En 1862 il épouse Anne-Marie Torrekens qui décède quelques mois plus tard. En 1865, il se remarie avec Mélanie Meunier. C'est alors qu'il se fixe à Grammont[3].
A partir de 1883, il construit soixante-trois instruments pour la France et vingt-quatre pour la Grande Bretagne, ainsi que deux pour l'Algérie, onze pour les Pays-Bas, un pour l'Espagne et deux pour l'Australie. En 1885, il présente néanmoins à l'Exposition universelle d'Anvers son premier orgue à système électrique, instrument de trois claviers et trente-six jeux, d'esthétique résolument romantique. C'est la recherche d'un toucher toujours plus léger qui l'a poussé à réaliser cette traction électrique. Quand, après quelques années, les instruments de ce type sont devenus défectueux en raison de l'oxydation des contacts, il revient à la traction mécanique. C’est le début de la nouvelle vague de timbres romantiques avec l’influence importante de la Maison Merklin-Schütze, à laquelle a succédé Pierre Schyven[4]. En ce qui concerne les jeux, il faut signaler la qualité particulière des jeux d'anche (Trompette, Hautbois, et le fameux Contre-Basson[5] de son père qu'il transforme en Tuba mirabilis). En 1893, il déménage tout son atelier, avec une centaine d'ouvriers, à Menin[6] et Halluin[7] en France. C'est l'abondance des commandes émanant de ce pays qui l'engage à s'y fixer. Cela lui permet en même temps de diriger facilement ses deux ateliers.
Image n°2 : Vue des établissements Anneessens installés à Halluin, 1894[8] Il publie en 1895 la liste des orgues qu'il a livrés, c'est-à-dire construits complètement ou restaurés à tel point qu'on peut les considérer comme des instruments nouveaux. Le point culminant de cette production se situe en 1894 où il livre vingt-trois orgues dont cinq à trois claviers. C’est dans cette même période que Charles Anneessens brevète[9] et met en application son nouveau système tubulaire pneumatique qu’il généralise sur ses instruments. Ses trois fils collaborent dans l'atelier : Paul s'occupe de toutes les commandes en Belgique, Oscar, handicapé depuis l'incendie de 1880 veille sur le bureau et l'atelier. Jules est responsable du travail en atelier et s'occupe des installations plus éloignées en France et en Italie. Suivant plusieurs témoignages, les orgues de Charles Anneessens construits pour la Grande Bretagne entre 1896 et 1903, y apparaissent sous la marque de Willis, qu’il sauve ainsi. Des instruments les plus importants construits, on peut retenir ceux du Théâtre Royal d’Anvers (1885), de Thouront (1889) en Belgique, de Saint-Marys à Bardford (1888), de Priory Church à Bridlington (1889) en Angleterre, de la Cathédrale d’Auxerre (1901) ou de Clermont-Ferrand (1903) en France. Ne travaillant pas pour faire fortune, il se fixe comme but premier de fournir des œuvres solides et de haut niveau artistique. Très apprécié par ses ouvriers, il est de personnalité sévère mais plein d'humanité et de loyauté. Malgré un important catalogue d’instruments comprenant quelques 335 orgues, très peu subsistent aujourd’hui. La plupart, construits sur des régions sensibles (Flandres, Nord de la France, Picardie, Bretagne, Normandie) furent détruits pendant les bombardements des deux guerres mondiales, certains déplacés ou vendus (établissements scolaires). D’autres furent remaniés selon le courant de pensée néo-classique. Enfin, le système tubulaire, peu à peu délaissé, accentua le processus d’abandon.
[1] Godfroid, Stéphane, Muziek instrumentenbouw te Geraardsbergen van de 15de eeuw tot heden, p. 18. [2] Les artisans les plus réputés du moment sont Pierre Anneessens, Cuppuyns-Kurlemans, Arnold Clerinx, Jean-Joseph Delhaye et son fils, Jean Corneille Charles, Henri de Volder, Louis Gheude et son frère Florian, Arnold Graindorge et son fils Arnold Joseph, Léon Lovaert, la fille Rifflart, Pierre Van Gele, la famille Can Peteghem, Theodore Suet – Van Tienen », Grégoire, Édouard, Histoire de la facture et des facteurs d’orgues, p. 304. [3] Grammont (en néerlandais Geraardsbergen) est une ville et commune néerlandophone de Belgique située en Région flamande dans la province de Flandre-Orientale. Elle fut, au milieu et à la fin du XIXe siècle un important foyer de facture instrumentale à clavier. [4] Pierre Schyven (1827 – 1916) rejoint en 1843 la manufacture Merklin-Schütze à Bruxelles dont il fut un des fondateurs. Joseph Merklin avait déjà stimulé des idées créatrices nouvelles dans le domaine de construction, s’inspirant du constructeur d'orgue allemand Walcker, ou du français Aristide Cavaillé-Coll. [5] « Pierre-Hubert Anneessens est l’inventeur du Tubasson. Ce jeu d’anche possède les pavillons d’une Bombarde large, et ses rigoles sont garnies de cuir. Ces tuyaux parlent parfois avec un peu de retard, et le son évoque celui du Tuba d’orchestre », Hédin, Bernard, Les orgues du Pas-de-Calais, p. 38. [6] Menin (en néerlandais Menen) est une ville et commune néerlandophone de Belgique située en Région flamande dans la province de Flandre occidentale. Cette commune inclut la ville de Menin et les bourgs de Lauwe et de Rekkem. Elle communique directement avec la commune française d'Halluin, dont elle partage la rue principale. [7] Halluin (en néerlandais : Halewijn) est une commune française, située dans le département du Nord (59), dans la région Nord-Pas-de-Calais. [8] En en-tête des devis. Ici, courrier du 22 mai 1894 pour le projet de construction de l’orgue d’Annecy, coll. part. [9] Brevet n° 281822 du 30 décembre 1898 : « système de sommier tubulaire pneumatique pour grandes orgues » |























